mercredi 30 avril 2008

Des limitations sous Linux ? Pas du tout ! La faute aux éditeurs !

Si Linux sait faire plein de choses et suffit amplement pour une utilisation quotidienne, le débutant qui s’apprête à faire le grand saut doit quand même se préparer à certaines limitations. Foin du zèle, n’ayons pas peur de dire ce qui peut déranger les dévots du Libre ! Et plus tôt le nouveau venu est averti, moins l’effet de déception sera fort. Affirmons donc clairement ici que de grandes difficultés attendent celui qui veut tout faire marcher sous Linux, tout ce qu’il avait l’habitude d’utiliser facilement, sans se poser de questions, sous Windows. Ce sont en général les périphériques trop typiquement « windowsiens » qui poseront problème sous Linux, car trop spécifiques, à diffusion trop restreinte ou trop dépendants du cœur de Windows...Les périphériques de jeux, ou autres jouets à brancher sur le port USB, comme les volants à retour de force ou les tapis de football, ne marcheront pas « out of the box » ; les périphériques de sécurité, style carte à puce sonore ou lecteur d’empreinte digitale sur clé USB, seront également silencieux ; les gadgets, comme les molettes de zoom sur les claviers USB, de même. Si vous êtes très dépendant, dans votre organisation, de fonctions avancées de votre smartphone, méfiance ici aussi : presque aucun ne sera reconnu sur simple branchement sous Linux. Et même s’ils le sont pour la partie stockage, ils ne pourront pas synchroniser les contacts et rendez-vous avec Kontact ou Evolution. Même chose pour les assistants numériques : ceux sous PalmOS sont en général reconnus sans problème, mais ceux sous Windows Mobile donneront du fil à retordre même à un développeur.

Et que dire des webcams ? Jamais comme avec celles-ci le plug-and-play n’a été une aussi lointaine légende. Nous en avons récemment testé une petite dizaine, sous Mandriva 2006 : pas une, pas une seule, n’a été rapidement et aisément fonctionnelle, sur simple branchement... Même le support des clés USB est, encore aujourd’hui, bien trop souvent capricieux : nom de volume qui change d’une session à l’autre, clé reconnue comme ayant deux volumes avec des noms différents, gnome-volume-manager qui génère sans cesse des erreurs dans Mandriva 2007 puis plante mystérieusement, clé qui monte bien puis, la fois suivante, doit être montée à la main... Attention aussi aux matériels dont le constructeur garantit la bonne marche sous Linux, mais que certaines distributions ne prennent pas en compte et qui vous demanderont des heures de bidouillage pour fonctionner. Il y a peu, n’ayant rien trouvé sous Ubuntu 6.06 pour le faire fonctionner facilement, c’est le récepteur TV DVB-T externe USB2 d’AverMedia qui a eu raison de notre patience...

Pour se rassurer, on peut se répéter que ce n’est pas de la faute de Linux lui-même, et que notre système pourrait tout à fait être performant avec tous ces matériels récalcitrants ou silencieux. Car, en vérité, pour des raisons de part de marché, trop de fabricants se désintéressent totalement des pilotes pour Linux, et semblent ne pas connaître de synchronisation avec autre chose qu’Outlook. Ils sont aussi souvent effrayés par les implications des licences de Logiciels libres et ont peur de dévoiler des secrets industriels en fournissant les quelques renseignements qui permettraient à la communauté d’écrire des pilotes performants.

Tout n’est cependant pas perdu, mais il faudra alors plonger sans rechigner les mains dans le cambouis, fouiner sur le web ou sur les forums, consacrer tout un dimanche à lire des documentations en anglais, à installer des bibliothèques et compiler des pilotes, pour enfin pouvoir exporter les contacts de ce foutu téléphone, ou voir s’afficher une image... Autre solution : se renseigner avant, en consultant abondamment la communauté, et n’acheter que des périphériques que vous serez sûr de pouvoir faire fonctionner. Tant il est vrai qu’un Linuxien averti en vaut deux.

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